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 J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.

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MessageSujet: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Jeu 12 Fév - 20:06

« J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte. »

« QUI EST-CE ? »
♦♦ NOM :: Zafiro
♦♦ PRÉNOMS :: Lisys Shanira
♦♦ ESPÈCE :: Humaine
♦♦ AGE :: 16 ans
♦♦ DATE DE NAISSANCE :: 1er Mai
♦♦ AGE EN APPARENCE :: 16 ans
♦♦ ORIENTATION SEXUELLE :: Bisexuelle
♦♦ LOGEMENT :: Résidence, 1er Immeuble, second étage, number 3.


« DERRIÈRE L'ORDI ! »

♦♦ AGE :: 18 ans
♦♦ OU TU AS CONNUS LE FOFOW ? :: Via la fonda'
♦♦ DES COMMENTAIRES ? :: Blablabla. ← Ceci est un commentaire tout à fait constructif :sisi:
♦♦ FEAT :: Luka Megurine (vocaloid)

« HISTOIRE. »

La vie, c'est juste une grande blague de l'univers qui, une fois qu'il a fini de jouer avec nous, nous donne la solution qui est de mourir.


J'étais belle, j'étais forte. J'encaissais tout et n'importe quoi. Mais ça, toutes ces horreurs qui se sont marquées comme au fer rouge sur mon corps, ça, je ne l'avais pas vu venir. Mais alors pas du tout. Mais à quoi cela m'aurait-il avancé de savoir tout cela par avance ? À rien, je le sais. Je n'étais qu'une jeune fille désarmée face à la haine que me portait la vie. Je t'ai écouté et j'ai cru tout ce que tu m'as dit. Comment ai-je pu être aussi bête ? Aussi irréfléchie ? Quand on y pense, j'ai été mon propre bourreau. J'ai été si idiote de croire que tout serait rose, que tout se déroulerait sans accrocs. Pourquoi étais-je comme ça et pas autrement ? Pourquoi n'ai-je pas pu naître et vivre normalement pour ensuite mourir de vieillesse comme la plupart des gens de ce monde ? Hein, pourquoi ? Cette question, je me la pose systématiquement et je n'ai toujours pas trouvé de réponse.
Il m'en a fallu des estafilades dans le dos, il m'en a fallu des trahisons, des coups dans la gueule et du sang souillant mes bras pour que je comprenne à quel point je n'avais pas ma place là où j'étais. J'encaisse et j'encaisse sans jamais montrer ce qui me blesse. Ceux qui croient me connaître ne connaissent pas le dixième de la jeune femme que je suis devenue aujourd'hui.
Mon histoire est aussi violente qu'inintéressante. Mais je tiens bien à la noter quelque part. Les souvenirs sont précieux, même les plus douloureux. Ce journal intime m'a l'air assez muet, assez aveugle assez sourd mais assez présent pour que mon passé, je l'écrive en lettre d'encre rouge, tel le sang qui a tellement coulé le long de mes bras...


Je me prenais pour la princesse. Pour la reine même. Je me sentais tout-puissant. Meilleure que tout le monde. Supérieure aux autres. Mais reine de quoi ? De mon château de sable ? Je faisais la grande, je faisais la top model, seule dans ma chambre ou dans la cour de récréation de l'école, je voulais que tout le monde m'aime. À la petite école, on m'aimait bien. On ne se rendait pas compte que je pensais réellement être la reine du monde, que je pensais sincèrement dominer la terre entière. Cette question, je me la pose systématiquement et je n'ai toujours pas trouvé de réponse. Je me trompais tellement à cette époque. Je n'avais pas encore de problèmes. Pas avec mes pairs du moins. Avec les maîtresses devant me supporter en classe, si. Je les ai malmenées à outrance, allant au bout de leur patience, allant jusqu'à hurler en classe, devant tout le monde, sans aucune gêne. J'avais déjà un vocabulaire riche en injures. Je n'y allais jamais de main morte. Quand je disais les choses, j'étais franche. Beaucoup trop même. En y réfléchissant bien, je voulais seulement que l'on me porte une attention particulière. Je voulais que l'on me remarque.
Comprenez-moi, je n'avais que cinq ans. Cinq ans d'expérience de vie avec des parents aussi impassibles que des blocs de glace, aussi impitoyables qu'un ours affamé devant ses proies tant attendues, aussi froids que l'on peut se sentir étant au pôle Nord. Mes parents ne m'aimaient pas et c'était flagrant. Je savais même pourquoi, du haut de mes cinq ans, ils étaient incapables de m'aimer. Ma mère était de celles qui faisaient des conneries avec leurs petits amis quand elles allaient en boîte de nuit et que cela se terminait la nuit dans un lit douillet. Elle n'avait que dix-huit ans. Mon père en avait vingt et un à l'époque. Ils n'étaient pas prêts à élever une enfant, mais ils m'ont tout de même gardée auprès d'eux. Ils ne cessent de me dire que je devrais leur être reconnaissante pour ce geste, qu'ils auraient tout aussi bien pu m'abandonner dans une poubelle ou m'emmener dans un orphelinat. Ils ne m'aimaient donc pas et ne m'aimeront jamais. Mais moi, je les aiment. Alors quand je débarquais dans la pièce à vivre avec une punition, j'étais fière. J'avais leur attention même s'ils étaient en colère.
Seulement quand mon père m'a giflé pour la première fois de ma vie, j'ai arrêté de faire tout pour avoir une punition. Mon père est costaud. Sa gifle n'avait pas été une petite tape, mais bien une vraie claque.

Les rêves d'un enfant ne se réalisent jamais, ses pires cauchemars si.


Six ans. Cet âge où la nuit du 2 septembre, on n'arrive pas à dormir, car le lendemain, c'est la rentrée dans l'école primaire. Une école que l'on ne connaît pas. L'inconnu. Avec tous ces grands qui te prennent ton goûter pour de multiples raisons. J'aurais certainement dû avoir peur ou du moins éprouver une pointe de stress. Il n'en est rien. Je me pavanais, fière, pensant que tout irait bien. J'étais venu à pied. J'avais un cartable flambant neuf, bleu clair, tout comme mes yeux. Mes cheveux roses attachés en tresse, flottant dans mon dos, je marchais la tête haute, tout en mon attitude était synonyme de fierté et d'arrogance. J'arrivais à peine devant les deux grandes grilles de l'école que la pluie se mit à tomber, formant des flaques sur le sol bétonné. Une voiture passa. Elle m'arrosa au passage. Et je restais plantée là, la bouche à moitié ouverte, l'air totalement méprisant. Je restais donc là, les secondes défilant toujours. C'était comme si le temps s'était arrêté. J'étais la cible de tous les regards et, pour une fois, je ne l'avais pas voulu. Les rires fusèrent. Les larmes me montèrent aux yeux et ruisselèrent bientôt sur mon visage. Puis, je les essuyais en un geste rageur, je défis ma tresse devenue crasseuse et mes cheveux volèrent au gré du vent, joliment ondulés. Ne me souciant guère de mes habits souillés, j'entrais au sein de l'établissement.
Dans la classe, alors que j'allais m'asseoir au premier rang, poussant au passage un groupe de filles superficielles, tout autant que moi, des chuchotements se firent entendre. Je n'y fis pas vraiment attention. Quand la maîtresse entra, les chuchotements en question cessèrent. Et cela se fit durant cinq ans. Tout le temps de la primaire.

La beauté et la popularité ne sont que des artifices nous confortant dans le fait que chacun est unique bien que cela soit faux.


J'ai changé. Mon look. Mon caractère. Ma façon de voir les choses. Je suis entrée au collège depuis trois mois déjà. Je le regrette. Je regrette tout. En trois mois, mon petit univers rose que j'avais tant pris de temps à construire s'était effondré. En trois mois, mon petit univers rose que j'avais tant pris de temps à construire s'était effondré. Je suis devenue quelqu'un d'extrêmement enfermé sur soi-même. Mes cheveux ne sont plus roses bonbon. Ils sont noirs. Vive les teintures. Mascara et eye liner noir sont également présent. Bottes noires, chaînes de métal en guise de collier ou de bracelets. Je ne suis plus la petite fille insouciante poussant tout le monde pour se mettre au premier rang. Fini la musique douce, bonjour le rock et le métal. Je suis la gothique de service, s'asseyant en silence au fond de la salle et ne levant jamais ni la tête ni la main. Je suis également l'actrice du triste rôle principal de la harcelée.
Chaque jour, on me frappe, on m'insulte. Je suis également l'actrice du triste rôle principal de la harceler. Aujourd'hui, j'ai sport. Les autres filles vont profiter du fait que nous serons dans les vestiaires pour me frapper, j'en suis certaine.
La cloche sonne, signalant l'heure tant redoutée. Mais, une fois dans les vestiaires, j'eus la surprise de ne recevoir qu'un silence total pour accueil. L'heure passa et le cours de sport se déroula jusque-là sans accrocs. Mais vint alors le moment d'aller renfiler nos tenues civiles. L'heure de la douche aussi. Je ne suis pas de celles voulant se cacher à tout prix. Mais avec ces filles-là, je me méfie. Seulement aujourd'hui, j'ai oublié d'être prudente.
J'étais en train de finir de me doucher quand une pétasse, Ashley, arriva, son téléphone à la main. Suivie bien évidemment de toutes ses chiennes la suivant où qu'elle allait. Et le pire se produisit.
Je savais ce qu'étaient les règles. La puberté, tout ça. J'espérais secrètement être de celles n'ayant leurs menstruations que vers l'âge de seize ans. Mais non. Il avait fallu que cela se produise à onze ans sous les yeux de celles qui me détestaient. La puberté, tout ça. Sauf que j'avais fermé la douche. Puis plein d'autres bruits de gouttelettes sur le carrelage. Je baissais les yeux et fixais, muette d'horreur, la flaque de sang dans laquelle baignaient mes pieds. Les autres éclatèrent de rire et je vis Ashley prendre une photo et sans doute, une vidéo tandis que j'attrapais une serviette et la nouais en vitesse autour de mon corps, ne sachant que faire. Des larmes coulèrent le long de mes joues. Les autres riaient aux éclats tandis que les insultes se répercutaient sur ces murs.

- Mais c'est qu'elle devient une femme la petite salope !

Elle va devenir une traînée, c'est sûr !

Vas-y Ashley envoie la vidéo à tout le collège !

C'est clair que je vais le faire les filles !

Non, non, non... Tout, mais pas ça !

- Allez vous faire foutre ! Vous n'avez pas le droit de faire ça !

Et pourquoi je me gênerais pour une pauvre fille sans envergure ?

Ta gueule !

Et... Envoyée !

Non... Je sortis en courant des douches, je me rhabillais en vitesse, sortis du bâtiment puis du collège et je fonçais jusque chez-moi, pleurant toutes les larmes de mon corps, faisant couler mon mascara. Je ne voulais qu'une chose. Serrer ma mère dans mes bras. J'en avais marre de me faire passer pour une rebelle, pour celle qui se faisait oublier et qui pourtant était harcelée.

L'enfant ressent divers sentiments et émotions, mais le bonheur, il ne le ressent jamais même s'il en a l'impression.


Ma mère était là. Dans la maison. Elle préparait le déjeuner qu'elle passerait seule. Mon père était parti travailler. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, je me jetais dans ses bras. C'était la première fois que je le faisais. Mes parents ne m'avaient jamais fait la bise ou câliné. À ma grande surprise, ma génitrice referma ses bras sur ma taille, me serrant tout contre son cœur. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, je me jetais dans ses bras. J'aurais pu faire peur à n'importe qui comme ça. Notre étreinte se défit et ma mère me regarda. Elle essuya mes larmes et les artifices de beauté s'étant échappés de la place qu'ils auraient dû occuper. Puis, elle ancra ses yeux verts dans les miens, bleus de glace.

Lisys, qu'est-ce qu'il s'est passé au collège ?

Maman, je saigne... Et je laissais mes larmes, qui avaient alors disparu, couler, ruisseler sur mes joues pâles striées du noir de mon maquillage.

Oh... Va dans les toilettes, tu trouveras le nécessaire, je t'ai déjà expliqué comment faire.

D'accord.

Je me rendais donc aux toilettes, et mettais une serviette hygiénique qui ne m'aurait pas été de trop il y a une heure. Je revins dans la cuisine. Ma mère m'attendait. Bizarrement, je me sentais plus réservée.

- Bon Lisys. Tu vas retourner au collège maintenant.

Je ne peux pas Maman...

Pourquoi ?

Je... Je suis...

Impossible. Les mots ne pouvaient tout bonnement par sortir d'entre mes lèvres et résonner dans la pièce. Quelque chose m'en empêchait.

Tu quoi ?

Je suis en étude normalement. Les profs sont absents, ils ne nous avaient pas prévenus. C'est comme ça pour toute la semaine.

C'est vrai ça ?

Oui.

D'accord.

Elle jeta un coup d'œil par la fenêtre et se raidit. Il y avait la voiture de mon père. Celui-ci en était sorti. Il nous observait de dehors.

Va dans ta chambre Lisys !

Quoi ? Mais...

Va dans ta chambre, je te dis !

Perplexe, je rejoignis ma chambre, mais je laissais la porte entrouverte, essayant d'écouter ce qui se disait en bas, mon père étant entré. Je n'entendais que quelques mots indistincts. Curieuse, je sortis aussi discrètement que possible de ma chambre pour atteindre le haut de l'escalier. Les mots furent tout de suite plus clairs. J'aurais voulu ne jamais entendre ce qu'il dit alors à ma mère qui, pour la première fois, semblait en désaccord avec lui.

Comment as-tu osé ?! Je te rappelle que tu me dois obéissance !

Mon chéri, je ne pensais pas...

Ta gueule ! Tu ne pensais que dalle oui ! Pauvre femme ! Je t'avais dit que tu ne devais par garder cette enfant !

Quel est le rapport ?

Ferme-la sale traînée !

Ma mère ne répondit pas. À la place, j'entendis un bruit sec. Comme une gifle. Puis un bruit sourd. Puis, plus rien. Le silence régnait et je n'osais pas descendre. J'avais trop peur. Mon père cria mon nom, mais je restais figée sur le palier. Une seule idée en tête. Ne pas descendre tant qu'il serait là. La porte d'entrée claqua et mes jambes se mirent à dévaler les escaliers. Je rejoignis le salon. Ma mère était là. Elle était allongée par terre. Une marque de main rouge sur la joue. Ses si beaux cheveux rose foncé, contrairement aux miens étant clairs, étaient emmêlés et s'étalaient tout autour de sa tête. Ses yeux verts étaient ouverts, mais semblaient absents, fixant le vide, comme assombris par un voile noir. D'une main tremblante, j'écartais ses cheveux magentas de son visage pour le contempler. Je ne comprenais pas. Pas encore. Il régnait alors un grand silence dans la pièce vide. Il y avait du sang sur le coin de la table. Sous sa tête aussi. Comme prise dans un ouragan d'émotions, dominé par le désespoir et le déni, je me mis à hurler son nom.

Maman ! Maman non ! Réveille-toi, parle-moi, regarde-moi ! Réveille-toi, parle-moi, regarde-moi ! Maman, je t'en prie réveille-toi...

Je savais que c'était vain. Qu'elle ne me répondrait pas. Je savais qu'elle était morte. Mon visage se déforma pour afficher un air triste et des larmes revinrent peupler mes joues, coulant sans se tarir, sans diminuer. Une haine s'empara de moi tandis que je continuais de verser mes larmes sur son corps devenant déjà froid et qui prenait le teint blanc cadavérique des défunts. L'un de mes bras lui barrait la poitrine et ma main serrait de toutes ses forces son tee-shirt au niveau des épaules. J'appuyais ma tête contre ses côtes et je continuais de sangloter, me fichant éperdument de savoir où était allé mon père. Mon corps tressautait et tremblait, comme pris de convulsions alors que je ne faisais que sangloter misérablement sur la dépouille de ma mère.

* * *

Permettez-moi d'interrompre ce moment pour vous donner quelques explications avec du recul maintenant que j'écris tout ceci, cinq ans après.
Vous devez vous demander pourquoi j'ai tant pleuré ma mère. Je me le demande moi aussi. Je vous ai dit que ma mère ne m'aimait pas, ou du moins peu, à cause du fait que je sois une enfant accidentelle. Et pourtant, je pleure comme jamais je n'ai pleuré sur son corps alors qu'elle ne m'a donné que quelques minutes d'amour. J'avais changé d'opinion après mes six ans. Je détestais ma mère, je voulais qu'elle meure, je ne lui pardonnais plus du tout son manque d'affection envers moi, je lui en voulais plus que tout. Je lui en voulais surtout de m'avoir laissé naître. Je lui vouais une haine considérable. Ce jour-là, je venais de comprendre que je ne la haïssais pas elle. Je ne haïssais pas mon père. Du moins pas directement. Mais que je me haïssais moi. Je me haïssais de vivre. Je me haïssais d'être la risée du collège. Et aujourd'hui, elle était morte. Elle m'abandonnait bien contre son gré, et ce, à cause d'une seule et unique personne, mon père. Je ne haïssais pas mon père. Je m'en veux, Dieu que je m'en veux...


* * *

Je délaissais le corps de ma mère et je m'asseyais sur le canapé quand, sans prévenir, je laissais éclater ma haine et ma rage. Mon poing partit dans l'accoudoir de cuir tandis que je frappais la table basse d'un genou pour ensuite déchiqueter un coussin ce qui couvrit le sol de plumes grisâtres. Je me mis à hurler. Je hurlais mes sentiments, je hurlais mon être. Je pris un second coussin et j'enfouissais ma tête dedans tandis que je continuais de hurler. La porte d'entrée claqua. Je m'arrêtais net. Je me levais et lui faisais face. Je ne disais rien. Mon regard parlait pour moi. Sans ajouter une seule parole, ce silence étant symbolique à mes yeux, je le fixais tout en me relevant, je le fixais jusqu'aux escaliers. Je hurlais mes sentiments, je hurlais mon être.

Comprends-moi Lisys. Elle m'a parlé et alors ?

Pardon ? Elle m'a parlé et alors ? Elle n'avait pas le droit ? J'étais la honte de la famille et l'on ne pouvait pas me parler ? Mais pour qui se prenait-il ce dictateur ? Pour qui au juste ? J'eus ma réponse.

Tu n'aurais jamais dû naître, nous ne te devons rien. Te parler, c'était t'accorder trop d'importance.

Ta gueule ! Tu la brises par toi-même ta stupide règle !

Je ne te permets pas de..

Te parler, c'était t'accorder trop d'importance. Tu l'as tuée ! Ta propre femme, tu l'as tuée ! Tu disais l'aimer, tu disais la protéger et tu l'as tuée...

Calme-toi Lisys.

Que je me calme ?! C'était ma mère ! Elle est morte par ta faute ! Toi, mon ordure de père ! Saloperie d'alcoolique !

La ferme !Ta gueule, j'ai dit ! Au pire, ce n'est pas si grave.

Pas si grave ? Alors toutes ces années où vous rigoliez, où vous vous échangiez de belles paroles... Tu n'en avais rien à foutre ?!

Exactement.

Espèce de sale enfoiré. Je te déteste. Je te hais. Tu comprends ça ?! Je te hais !

Je filais dans ma chambre ignorant le grondement montant dans sa gorge. Je n'avais pas peur de lui.
Une fois là-haut, je m'allongeais sur mon lit, les bras derrière la tête, sur le dos, fixant d'un œil vide le plafond blanc. Les heures passaient et je restais là, inerte. La nuit tomba sur la ville. Il pleuvait. Comme si le ciel pleurait la mort de ma mère. Cette idée ridicule me fit verser quelques larmes de plus.

Ce n'est plus du fond de teint qui couvre mes joues, mais des hématomes.


Deux ans. Deux ans que je vivais n'importe comment. Deux ans que mon père buvait encore plus qu'à l'accoutumée. Deux ans qu'il me battait. Je l'entends. J'entends son pas lourd qui se rapproche de ma chambre. Il va encore me crier dessus. Et, fidèle à mon caractère, je vais lui répondre. Et il va me frapper.
La porte s'ouvre en un grand bruit. J'avais raison.

Lisys ta mère t'appelle.

Elle est morte sombre crétin.

Tant mieux ! Rejoins-là !

Il ne m'avait encore jamais agressé en parlant de Maman. Jamais. J'attrapais une boîte renfermant des babioles sans importance et je la lui balançais dans la figure.
Aussitôt, il poussa une sorte de meuglement de rage et son poing partit tout seul. J'essayais d'esquiver, mais je n'avais pas été assez rapide et ma mâchoire en prit un sérieux coup. Une gifle prit la suite. Sonnée, je titubais et tombais par terre. Un coup de talon sur l'arcade sourcilière. Une douleur sourde éclata dans mon crâne. Je sentis à peine sa main m'attraper par le col et me soulever de terre sans aucun effort. Il me regardait, je le regardais. Je ne pleurais pas. J'étais habituée maintenant. J'avais mal, mais je ne le montrais pas. Puis, il cogna sa tête d'un geste vif et brusque contre mon nez. Puis, il me lâcha. Incapable de me défendre, je m'écroulais à terre.

Ça t'apprendra jeune insolente !

Casse toi connard...

Sans prévenir, il me balança un coup de pied entre les côtes. Un faible son sortit d'entre mes lèvres. Puis, visiblement énervé, les coups de talon se multiplièrent. Partout. Dans les chevilles, les cuisses, la tête, l'entre-jambe, le dos, les bras. Je poussais un long hurlement lugubre d'une voix brisée. Il s'arrêta. Puis, avant qu'il ne parte, il me fit subir un énième coup de talon dans l'estomac. Je me pliais en deux, sous le choc, les mains crispées sur mon ventre stérile. La douleur ne s'éteignait pas. Elle continuait d'affluer dans mes veines, de s'enfoncer toujours plus profondément dans mes os. Mes épaules tressautaient sous mes quelques sanglots ce qui n'arrangeait strictement rien. Puis, mes larmes se tarirent, la douleur s'atténua peu à peu. Je fronçais le nez, le faisant craquer horriblement, me faisant grimacer. Puis, visiblement énervé, les coups de talon se multiplièrent. Je me tâtai les côtes, aucun problème de respiration. J'allais sûrement être couverte d'hématomes encore une fois.
Je restais là, étendue à même le sol. Je fixais le ciel, par la fenêtre. Peu à peu, le temps fit son effet et le soleil disparut, laissant place à une magnifique et gigantesque lune rousse. Les heures passèrent, je ne bougeais toujours pas, fixant le vide d'un regard morne, éteint.
D'un coup, je me relevais, ouvrais l'un de mes placards et en sortais ma valise. J'y fourrais quelques vêtements puis je descendais dans la cuisine. Je pris autant de vivres que je le pouvais. Je m'en allais. C'était décidé. Je pris des gants noirs que j'enfilais avant de porter mes écouteurs, reliés à mon téléphone, à mes oreilles. Une bouteille de whisky à peine entamée était sur la table. Je la pris et en avalais une belle gorgée.
Rapidement, je sortis en fermant la porte en douceur. De toute façon Papa devait être en coma éthylique vu tout l'alcool qu'il avait ingéré. Une fois hors de la maison, la valise roulant derrière moi, je me mis à courir. À courir comme jamais je ne l'avais fait. Courir plus vite que n'importe qui. Et quand je m'arrêtais enfin, l'adrénaline prit son temps pour cesser de faire effet dans mes veines et sur mes nerfs. J'étais devant une vieille usine désaffectée. Autant dire que j'allais passer la nuit ici.
Je rentrais sans hésiter dans la vieille bâtisse. Je me dégotais en coin pour dormir qui n'était pas trop sale et, utilisant mes bras comme oreiller, je m'endormis peu à peu.
Je me réveillais en sursaut deux heures plus tard à cause d'une très forte odeur de brûlé. Je regardais aux alentours, les yeux plissés. La fumée m'enveloppait, elle recouvrait la totalité du bâtiment. Je me relevais, paniquée. Les flammes léchaient les murs autour de moi. Attrapant ma valise que j'avais déposée près de moi quelques heures plus tôt, je m'élançais vers la porte, restée grande ouverte. Avec mon bras, je tentais tant bien que mal de protéger mes yeux de la fumée qui se faisait plus dense à chaque instant. Je toussais à m'en arracher la gorge quand je franchissais la porte. J'entendis une sorte de sonnerie stridente me faisant penser à ces sortes de bombes dans les films. Je me retournais, effrayée. Je le voyais. Cet objet à la forme étrange. Mes jambes étaient comme paralysées, je ne pouvais plus avancer. Puis, il s'effectua comme un déclic dans ma tête et je me mis à courir.
Et l'engin explosa.

C'est lorsque le monde nous apparaît différemment que l'on se dit qu'on avait tout pour être heureux avant.


Suie noire. Flammes ardentes. Braises rougeoyantes. Vêtements calcinés. Corps à terre. Débris voletant. Vent toxique. Fumée noire. Brûlures lancinantes.
Je ne sentais rien. Je ne voyais rien. Je n'entendais rien. Je ne ressentais qu'une seule chose. Le contact du sol brûlant sur ma peau brûlée. Ma peau qui semble fondre. Tremblante, je me relevais. J'étais couverte de suie. Un oiseau se posa à côté de moi. Son bec s'ouvrit et se referma sans que je n'entende rien. Je le regardais, horrifiée.
Un homme était posté près de la grille du parking. Je courais vers lui, voulant vérifier mes pensées. Je le tirais par la manche et il se tourna vers moi, à la fois affolé et surpris. Ses lèvres bougèrent, formant sans doute des mots. Il n'y avait qu'un seul problème. Je n'entendais rien de ce qu'il me disait. La vérité me frappa, telle une masse écrasante.
J'étais bel et bien devenue sourde.
Mon regard se perdit dans le vide, fixant l'homme d'un œil morne. Il gesticulait en tout sens, me regardant, ses lèvres s'agitant sans que je ne capte aucun son. Je m'effondrais sur le sol, mes jambes refusant de me porter plus longtemps. Comment allais-je pouvoir vivre sans rien n'entendre hormis le silence ?
Peu à peu, je perdis connaissance. Ce fut le noir complet en quelques minutes. Le vide total. L'absence de tout. Le repos. Était-ce ça, la mort ? Je l'espère. Je pourrais rester toute l'éternité ainsi. C'est reposant la mort. Pas la peine de bouger, de manger ou même de dormir. Une absence totale de mouvements. Une aubaine.
Puis il y eut une lumière aveuglante. Et j'ouvris les yeux.
Je distinguais vaguement des contours de silhouettes blanches. Un sol couleur crème. Des murs et un plafond blanc. Des néons aveuglants. Ma vue se précisa. Les silhouettes blanches étaient des médecins, des chirurgiens. J'étais à l'hôpital. Je baissais les yeux vers mon corps. On m'avait enfilé une chemise de patiente très laide. Un tube était enfoncé dans mon bras droit et un autre dans le gauche. Je fixais ma peau pâle, sans comprendre. Je détournais la tête et je le vis. Mon père. Et, sans prévenir, je me mis à hurler et à me débattre, arrachant les perfusions.
Les infirmiers le firent sortir et je me calmais aussitôt. Une infirmière à l'air sympathique s'empara d'une ardoise et d'un feutre et y écrivit quelque chose qu'elle me montra.

Je m'appelle Lucie, je suis responsable de toi. Calme-toi, tout ira bien. Comment t'appelles-tu ?

Elle avait une belle écriture. Fine, toute en boucles et en arabesques.

Lisys

Un simple mot. Mon prénom qui plus est. Il fut si déformé que, par horreur, je plaquais une main sur ma bouche. Lucie me lança un regard désolé et se remit à écrire sur son ardoise.

Je suis désolée... L'explosion t'as rendu sourde. Nous avons tout essayé, rien n'a fonctionné. Le mutisme est toujours l'une des conséquences de la surdité...

Sourde. Muette. Incomplète. Le mutisme est toujours l'une des conséquences de la surdité. Cette phrase tournait en boucle dans mon esprit. Je ramenais mes genoux contre ma poitrine, serrant les draps blancs, les tordant, les déchirants. Je me mis à pleurer. Les infirmiers partirent. Je pleurais toujours. La nuit tomba. Je pleurais toujours. Le soleil se leva. Je pleurais toujours. Lucie entra. Mes larmes diminuèrent, mais demeurèrent tandis que les sanglots secouaient mes épaules, comme prise de convulsions. Elle me tendit son support.

Tu vas aller en famille d'accueil. Ton père n'a plus ta garde, nous savons ce qu'il a fait.

J'esquissais un sourire triste. Au moins une bonne chose d'obtenue. Restait à voir si la famille d'accueil me serait bénéfique ou non. Personnellement, j'en doutais. Mais je n'avais jamais tenté alors je ne peux pas juger la situation. L'infirmière se leva et s'approcha de mon lit avant de m'enlever les perfusions que l'on m'avait remises en place la veille. Elle me prit la main et me fit descendre du lit. Apparemment, mes jambes avaient arrêté de faire n'importe quoi et je pouvais de nouveau compter sur elles. En me tenant au bras de Lucie, je fis quelques pas puis, plus assurée, je la lâchais afin de continuer seule. J'ouvris la porte et je sortis dans le couloir. Je frissonnais au contact de mes pieds nus sur le sol froid. Je marchais. J'allais bien. Ou presque. Au fond de moi, cela ne signifiait qu'une chose.
La renaissance.

La vie, c'est un sentier : on trébuche sur les pierres, on reste à terre, mais on finit toujours par se relever d'une manière ou d'une autre jusqu'à la chute fatale.


Je fixe le mur blanc en face de moi. Je serre les dents. J'ai mal. Au bras. Le gauche. Ça pique et ça brûle en même temps. Je ferme les yeux et je respire profondément. Je me concentre sur mon rythme cardiaque, le faisant profond et régulier. La douleur se tarit, mais reste. Elle est à présent supportable. Je regarde mon bras. Je souris. Les plaies que je me suis faites aux ciseaux saignent toujours. Le sang, ce liquide chaud et vermillon, coulait, éclaboussait la baignoire, teintant de rouge l'eau chaude dans laquelle je m'étais étendue. Je me sens bien. Non. Je parais bien. Puis, je plonge le bras dans l'eau et les larmes se déversent sur mes joues. Pas à cause de la douleur. Mais à cause des blessures du passé me revenant en mémoire au fil du temps. Je pleure encore et encore puis je me mets à crier. Puis à hurler, je me débats, comme enchaînée. Puis, aussi vite que cela a commencé, je m'arrête. Je sors précipitamment de la baignoire, entourant une serviette autour de mon bras et un peignoir pour mon corps dénudé et trempé. J'ai bien fait. Mon père adoptif débarqua dans la salle de bains. Ses lèvres bougèrent, assez lentement pour que j'y décode des mots.

Lisys ça va ?

Par mes doigts, je lui faisais le signe de l'araignée. Durant deux ans, j'ai appris autant que je le pouvais la langue des signes. Ainsi qu'à lire sur les lèvres.

C'est la quatrième fois cette semaine.

Désolée...

Mes mains parlaient pour moi.
Il leva les yeux au ciel, un éclat malicieux dans les yeux. Je l'aimais bien moi. Je ne voudrais pas qu'il pense que c'est de sa faute à sa femme et lui si je me mutile. Je déroule la serviette et j'observe quelques instants mon corps dans le miroir. Des courbes généreuses, une silhouette mince et élancée. Mon ventre était plat. Mais strié de griffures plus profondes et plus récentes les unes que les autres. Mes épaules étaient, elles aussi, mutilées. Pas aux ciseaux ou aux ongles. Au couteau. Vint ensuite mes bras. Ils ne cicatrisent plus aussi vite. Cela prend maintenant plusieurs semaines. Ils sont marqués à vie. Mes poignets sont littéralement lacérés. Je suis comme je suis. Je joignis mes mains et fis craquer bruyamment mes doigts avant de me rhabiller. J'ai quinze ans depuis deux semaines. Je n'ai jamais autant donné l'illusion d'aller bien alors que j'allais si mal. Je claquais la porte derrière moi. Je me désolais de ne pas entendre son embrasure s'enfoncer violemment dans le mur. Jamais plus je n'entendrais. Jamais plus je ne parlerais. En fait, je pourrais réapprendre à parler. Je leur ai dit non. Je leur ai dit non. Parce que je ne leur fais pas pleinement confiance, et ce, à personne. Je n'apprendrais à parler qu'avec la personne en qui j'aurais toute confiance. Mais cette personne-là n'existe pas. Dommage.
Ma mère adoptive était dans le salon. Je la rejoignais et je m'affalais sur le canapé avant de mettre mes écouteurs dans mes oreilles, dans l'espoir presque inexistant d'entendre un son, quelque chose. Rien. Silence radio.
Mais cette personne-là n'existe pas. Elle me fixait d'un air désolé et je lui souriais tristement pour la rassurer. J'aimais bien ma nouvelle famille. Ils avaient deux autres enfants, Julia et Élise, deux jumelles de quatre ans. Toutes les deux ayant la peau pâle, les yeux pers et une belle chevelure épaisse et d'une blondeur étincelante. Je les adorais, car elles étaient tout simplement adorables.
À ce moment-là, l'une d'elles débarqua devant moi. Élise, à en juger par la tache de naissance sur le haut de sa tête, presque enfouie sous ses cheveux. Elle tendit les bras en me regardant malicieusement. Alors je l'attrapais sous les bras et je la faisais voler en tournant sur moi-même. Je souriais. Elle riait aux éclats. Je ne l'entendais pas, mais sa bouche grande ouverte, ses lèvres s'étirant encore plus qu'à leur accoutumée et l'expression d'extase totale sur son visage me le démontrait. Elle était heureuse. Insouciante. Exactement comme moi à son âge. Et mon existence s'était brisée. En même temps que mes tympans et mes cordes vocales. Ces pensées morbides me firent perdre mon sourire. Je la reposais sur le sol et elle me lança un air interrogateur.
Elle me parla avec ses mains, comme ses parents le lui avaient appris depuis deux ans, depuis que je m'étais immiscée dans leur vie de famille.

Ça va ?

Oui. Juste un malaise.

La petite me regarda et, sans prévenir, elle me serra dans bras, cela revenant à m'enlacer les cuisses. J'ébouriffais ses cheveux en souriant tristement. En effectuant ce geste, ma manche de tee-shirt se releva. Laissant ainsi voir les plaies à vif. Je croisais alors le regard de Mélinda. Elle dit quelque chose à l'adresse d'Élise. Celle-ci déguerpit.
Ma mère adoptive prit son téléphone, tremblant de colère ou de crainte. Elle me tendit l'appareil que je pris entre mes mains, lisant les phrases.

Qu'est-ce que tu as sur le bras ?

Rien.

Je lui tendis le téléphone après avoir effectué mon geste, mais elle le reposa à côté d'elle. Elle se leva, empoigna mon bras et remonta la manche. Mettant à nu deux ans de mutilation sévère et dissimulée. Elle me relâcha, comme dégoûtée. Elle avait plaqué sa main sur sa bouche, horrifiée et me regardait bizarrement. Mes doigts semblèrent se survoler juste une seconde.

Ce n'est pas votre faute, je ne suis pas bien, je ne veux pas en parler, je t'en prie ne m'en veux pas.

Elle déglutit et partit.

Prendre un nouveau départ, c'est fuir la mort qui de toute façon, nous rattrapera.


Je pars. Je suis une lâche. Je m'en vais. Loin d'ici. À la résidence Eden. C'est un ami de mon père adoptif qui nous en a parlé. Et j'ai décidé de m'y rendre. Je suis actuellement dans ma chambre, à finir mes valises. Ma valise. Je n'en ai qu'une. Le reste, je l'ai brûlé. Je ne garde qu'un téléphone, une ardoise, des feutres et du matériel à dessin. Ceci en plus de quelques vêtements. Une page de ma vie se tournait et je prenais un nouveau départ. Julia et Élise me manqueront. Mélinda et son mari aussi même si nous nous sommes éloignés. Mes mutilations nous faisaient nous disputer souvent. Ce qui n'arrangeait rien.
Quelque part, je suis toujours cette petite fille se croyant meilleure que tout le monde. Je suis aussi l'adolescente harcelée. La fille battue. L'adolescente orpheline. Je suis aussi la sourde-muette. Celle qui parle avec ses mains. Tous ces attributs font partie de moi et m'écrasent de tout leur poids. Alors je fais un break. Des vacances en somme. Je pars, je ne reviendrais peut-être jamais. Ou juste le temps de réécrire mon histoire.

Nous sommes comme les oiseaux : insouciants, libres, toujours à la poursuite du bonheur sans jamais parvenir à l'atteindre à cause de nos ailes trop frêles pour nous porter au bout de nos rêves.


Voilà. Je vais mener une nouvelle vie. Rencontrer de nouvelles personnes. Mes cicatrices ne disparaîtront pas, pas plus que ma surdité. Tout ce que je peux espérer à présent, c'est que l'on me fiche la paix et que mon existence se finisse tranquillement. SI j'ai appris une chose durant toutes ces années, c'est que je ne suis reine de rien, je ne suis meilleure que personne. Nous sommes tous uniques alors nous sommes tous pareils. Moi, mes rêves ne se sont jamais réalisés, mes pires cauchemars, eux, n'ont pas perdu de temps à faire leur apparition dans la réalité. J'ai toujours couru derrière le bonheur sans jamais réussir à l'atteindre. Je suis née tel un oisillon, j'ai tenté de voler avec des ailes trop petites. Je suis tombé, je me suis relevé, car je n'avais pas d'autres choix que de le faire. Mais l'oiseau a grandi. Il s'est forgé des ailes qui seront peut-être capables de le porter au bout du monde.
Je n'ai plus qu'une seule envie.
Étendre mes ailes et prendre mon envol.


« CARACTÈRE. »
Tu ne me connais pas. Tu ne m'as jamais vue. Sais-tu pourquoi ? Parce que je suis de ceux qui se cachent dans l'immensité de la foule. Je suis de ceux qui désirent passer incognito et qui y arrivent. Je déteste la société. Je n'aime pas être mêlée à divers événements. En fait, je pourrais tout aussi bien être enfermée, que je m'en ficherais éperdument. Je suis d'un naturel renfermé. Sans doute parce que j'ai été harcelée, battue et que je me mutilais à mes heures perdues. Je ne supporte pas la compagnie. En plus, étant sourde et muette, il est très difficile de communiquer avec moi.
Je n'accorde ma confiance à personne. Pas totalement du moins. J'ai déjà eu si mal, je ne veux pas souffrir inutilement. Les rares personnes ayant ma totale confiance ont vraiment de la chance et ne sont pas futiles à mes yeux. Je suis capable d'aimer par amitié comme par amour. C'est juste très difficile. J'ai peu d'amis alors des amours, n'en parlons pas.
Impassible... Si c'est le fait de ne pas broncher lorsque l'on m'insulte, si c'est le fait de ne pas fondre en larmes lorsque l'on me frappe alors oui, je suis quelqu'un de parfaitement et d'éternellement impassible. À force d'être victimisée, insultée, martyrisée, frappée, l'impassibilité devient un métier à plein temps. On s'applique à ne pas répondre aux provocations, même les plus grotesques. On s'applique à ne pas baisser la tête, à ne pas baisser les yeux jusqu'à ce que ce soit l'autre qui le fasse. On ne peut se permettre aucune défaite dans ces cas-là, on devient la risée des autres, encore plus qu'on ne l'était déjà. J'encaisse tout. Les insultes, les coups. Tu peux me dire ce que tu veux, avec tes lèvres ou tes doigts, je m'en fiche, je resterais impassible, neutre. Cependant, si tu m'énerves trop ou que tu te fais insistant, je n'hésiterais pas à t'en coller une ou à te dire ce que je pense de toi avec mes mains ou mon téléphone. Cependant, si tu m'énerves trop ou que tu te fais insistant, je n'hésiterais pas à t'en coller une ou à te dire ce que je pense de toi avec mes mains ou mon téléphone. Car derrière cette façade d'impassibilité, se cache une grande sensibilité. Je suis capable de me mettre à pleurer rien qu'en pensant à un souvenir marquant. J'essaie de ne pas le faire en public. C'est énervant de devoir expliquer aux gens les raisons de mon mal-être.
Je suis assez nostalgique sur les bords. Je peux ressortir une vieille peluche, une vieille photo ou un ancien vêtement et les souvenirs me reviennent par milliers malgré mon ardent désir de tout oublier. Perfectionniste, je déteste ne pas achever mes tâches, je veux que tout soit bien fait, peu importe le temps que cela pourrait prendre.
Je déteste prendre des initiatives. Dès que je le peux, je laisse le choix aux autres et je m'y fais, peu importe les conséquences.
Par contre, je suis têtue. Terriblement têtue. Déterminée plutôt. Comme un âne. Non. Comme un troupeau d'ânes. Voire deux. De troupeaux. Une fois que j'ai une idée en tête, ce n'est même pas la peine d'essayer de me dissuader de quelques manières que ce soit. Ce sera impossible de me faire dévier de ma trajectoire que je me serais choisie.
Par conséquent, je suis intransigeante. Tu me dis que tu vas faire quelque chose d'accord. Tu veux que je sois avec toi d'accord. Mais alors on le fait jusqu'au bout et il n'est pas question que tu te défiles, car moi, j'ai de la dignité et je ne le ferais pas.
Je ne suis pas non plus une rebelle, je reste dans le rang, je ne commets que peu d'infractions voire pas du tout. Je respecte les autres même si eux ne me respectent pas. Je n'aime pas voir mon entourage se faire maltraiter. C'est instinctif. Lors de ces cas-là, je me sens obligée d'aider la victime. Je ne supporte plus la violence, car celle-ci a ruiné ma vie.
Il y a une différence entre l'honnêteté, la franchise et l'hypocrisie. La franchise, c'est le fait de tout balancer à la tête des gens sans aucun sous-entendu et aucune arrière-pensée. Et ce, au risque de briser une relation amicale ou amoureuse. Une relation tout court même. L'hypocrisie, c'est quand on n'est pas du tout honnête ni même franc. C'est quand l'on fait semblant de quelque chose. D'aimer quelqu'un par exemple. Quand on est hypocrite, on ment à tout le monde y compris à soi-même. En étant honnête, on dit la vérité, parfois, on la dissimule, sans pour autant mentir à tout bout de champ. Moi, je suis quelqu'un d'honnête. Mais pas avec des paroles. Avec mes mains ou des écrits. Cependant, la langue des signes est une langue franche, sans arrières-pensées.
La modestie est une chose plus ou moins rare chez l'espèce humaine. J'estime la posséder sans en être néanmoins totalement sûre. La preuve en est que lorsque quelqu'un se met en tête de vanter mes qualités ou mes actes précédents couronnés de succès, je rougis, ce qui est assez rare chez moi. Tu cherches le mérite en ma personne ? Je chercherai le mérite en la tienne, compte sur moi pour te rendre la pareille. Mais cela ne se fera que si tu es quelqu'un que j'aime bien ou quelqu'un d'un naturel sympathique.

« PHYSIQUE. »
Je suis une jeune fille normale. Ma taille est dans la moyenne. 1 mètre 74. Mon poids aussi est dans la moyenne. 52 kilogrammes. Malgré ces kilos et cette taille que l'on pourrait considérer comme grande, je suis une fille d'une apparence naturellement svelte ce qui peut, parfois, me faire paraître fragile aux yeux des autres. Il n'en est rien, je vous rassure. Ma peau est d'une couleur normale, pas trop blafarde comme les vampires, pas d'un blanc banal, ni noire ou métisse. Mon teint est mat. Tout simplement. Doré par le soleil lors de mes étés passés sur les plages. C'est également pour cela que mes cheveux sont d'un rose éclatant. Certaines personnes semblent penser que le soleil peut éclaircir les cheveux des gens. Je fais partie de ces personnes-là. J'en suis la preuve vivante. Quand j'étais jeune, mes cheveux étaient rose foncé. À présent, ils sont d'un rose extrêmement vif, très clair mais pas délavé pour autant. Cela contraste avec ma peau quelque peu plus mate. Cependant, le seul contraste qu'il n'y ai pas sur mon corps, du moins dans l'aspect de mon visage, ce sont mes yeux. Mes iris ont décidé de se colorer d'un beau bleu aussi clair que l'est le rose de mes mèches qui fait parfois penser que mes yeux sont blancs. Non non, ils sont bien bleus. Mes iris ont décidé de se colorer d'un beau bleu aussi clair que l'est le rose de mes mèches qui fait parfois penser que mes yeux sont blancs. Autre que mon visage, il y a mon corps en entier. Mes jambes par exemple sont assez longues, elles ont un teint tout aussi mat que mon visage et son épilées à la perfection. Bien évidemment, étant une jeune fille, j'ai des formes. Je ne suis pas l'une de ces midinettes bombant le torse pour montrer à quel point ses seins sont bien développés. Ce n'est pas mon genre et puis, de toute façon, ils ne le sont pas. Je ne possède qu'un modeste bonnet B 95, ce qui me va parfaitement bien. Je n'ai pas besoin de m'exhiber, mon corps est à moi et rares sont les personnes m'ayant déjà vue entièrement nue, inexistantes même.
Généralement, mes vêtements sont assez simples. Je me contente d'un jean noir ou bleu, je n'aime pas tellement les couleurs vives, mes cheveux se remarquant déjà trop à mon goût.

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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Jeu 12 Fév - 20:19

Bienvenue ^^
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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Mar 17 Fév - 14:14

Bienvenue, même si je suis certaine que je t'avais déjà fais la fête quand tu es arrivée. x")
J'espère que tu te plairas parmi nous et que tu passeras des bons moments en notre compagnie !

Ta fiche est cependant encore bien vite, pourrions-nous en avoir des quelques nouvelles ? =)


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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Ven 20 Fév - 15:40

Plus qu'à écrire cette foutue histoire que je ferais malheureusement et bien contre mon gré assez longue.
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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Ven 20 Fév - 16:27

Comme tout bon Admin je viens te souhaiter la bienvenue sur Eden! Je m'occuperais tel un mirador de cette fiche et serait impartial, sauf si Gwendolyn me papouille en même temps. Bon courage pour ta fiche.


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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Dim 15 Mar - 7:43

Flemme d'étoffer le caractère la près est donc finie ^^
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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Dim 15 Mar - 15:36

Rebonjour Lisys. J'ai longuement lu ta fiche qui est des plus intéressante avec un style parfois brut, mais une plume plutôt agile dans la globalité. Dans l'ensemble, je dois avouer que je ne me suis pas ennuyé à lire quand bien même, tu pensais l'histoire de ton personnage assez longue. Hélas pour cette dernière il y a un bémol. Tu n'as pas expliqué de façon explicite comment elle a pu connaitre l'île d'Eden. Je m'explique, on comprend bien qu'elle y va pour y vivre, mais pas un seul instant, on ne sait comment elle apprend l'existence de cette île justement. C'est un détail que tu devras s'il te plaît ajouter. De plus, j'ai relevé pas mal de faute qui sur les 6 000 mots environ de ton histoire dénature un peu ton écrire ce qui est fort dommage.

Pour le caractère, on peut globalement ressentir comment elle se perçoit et comment on la perçoit. Là encore, les fautes sont présentes, je te demanderais donc de les corriger au maximum.

Pour le physique dans l'ensemble rien de dérangeant, et même avec quelques fautes cela passe encore. Attention par contre au fait qu'elle soit maigre voir un peu exagérément.

Après que tu es ajouté une image sur ta fiche et modifié ce que je t'ai clairement demandé, je pourrais valider sous l'accord et la discussion auprès de ma Gwen, ta fiche.

Bon courage Lisys pour les modifications.


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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Mer 25 Mar - 18:48

Fini, normalement^^
Me semble que pour la maigreur ça devrait être bon là, non ? :v:
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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Mer 25 Mar - 19:14

Je pense que tu vas clairement me haïr, mais j'ai relevé hélas encore des fautes surtout dans le caractère ^^" Tu utilises Scriben ?


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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Jeu 26 Mar - 14:38

J'utilise surtout Reverso :v:
J'ai re corrigé le peu de fautes restant, ça devrait être bon non ?
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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Jeu 26 Mar - 15:44

Validation !


Je t'annonce que tu es officiellement validée ma chère Lisys. Je n'ai pas repéré d'autre fautes de mon côté ce qui justifie donc ton ta validation. Reverso est plus connu comme traducteur que comme un correcteur fiable je te conseille Scriben ou Bonpatron mais tu fais toi même tes choix. Tu as écris une fiche plutôt intéressante dans l'ensemble et maintenant elle l'est encore plus à la lecture.

J’espère que tu te plairais parmi nous. Tu peux dès a présent aller recenser ton avatar ici,si ce n'est pas fait. Ensuite d'aller faire un tour sur ce sujet. Je déplace ta fiche dans la catégorie validé, t'offre ta couleur, mais n'hésite pas à mp le staff en cas de besoin!


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MessageSujet: Re: J'ai des rêves. Je les réaliserais. Quoi qu'il m'en coûte.   Dim 17 Mai - 14:45

Suite à ton inactivité et ton consentement par rapport à l'action suivante, je déplace ta fiche dans la corbeille. Il te sera possible de la récupérer tant que ton compte ne sera pas supprimé.
Le personnage que tu avais réservé pour le bottin des avatars ne l'est plus, il est désormais libre. Tu pourras aussi la récupérer s'il te vient l'envie de nous revenir.


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